CEPA Experiment: Grassland responses to grazing intensities
Depuis plusieurs mois, le Pr. Jérôme Bindelle collabore avec le Pr. Paulo de Faccio Carvalho sur une expérimentation au CEPA (Centre d'expérimentation en productions animales). Le but : analyser les réponses de la prairie face à l'intensité du pâturage.
Paulo de Faccio Carvalho est professeur à l’Université de Rio Grande Sud, au Brésil. Depuis le mois de juillet 2022, il collabore à Gembloux Agro-Bio Tech avec la CARE Agriculture is Life, et plus précisément avec l’équipe du Pr. Jérôme Bindelle au CEPA (Centre d’expérimentation en productions animales). Le projet de recherche sur lequel il se concentre porte sur la réponse de la prairie aux intensités du pâturage.
L’expérience se base sur les pâturages rotatifs. « Les animaux ont un temps de séjour limité dans chacune des parcelles », précise Jérôme Bindelle, professeur à Gembloux Agro-Bio Tech. Pendant trois jours, les moutons paissent dans un espace puis sont déplacés dans une autre parcelle, et reviennent trois jours plus tard dans la même parcelle.
Deux traitements sont appliqués, basés sur la hauteur de la surface à paître. Dans le premier traitement, on laisse les animaux paître de 12 à 8 cm de hauteur. Dans le second traitement, ils peuvent pâturer de 12 à 4 cm de hauteur, ce qui est proche des conditions de pâture générale.
Jérôme Bindelle détaille : « L’hypothèse est la suivante : passer de 12 à 4 cm permet aux animaux d’exporter une bonne partie de la biomasse, mais ce n’est pas optimum pour le bétail, dans le sens où cela les oblige à descendre relativement bas dans la végétation. » Le traitement de 12 à 8 cm leur permettrait de choisir la végétation ingérée et de sélectionner le fourrage de la meilleure qualité possible dans la parcelle.
Et du point de vue de la végétation, le traitement de 12 à 8 cm permettrait une hétérogénéité plus importante.
Collaborations internationales
Dans le cadre de ce projet de recherche, le Pr. de Faccio Carvalho intègre aussi Lívia Chagas de Lima, doctorante, et Jefferson de Lima de Menezes, étudiant en master. Plusieurs publications ont déjà découlé de cette collaboration de longues années entre Gembloux Agro-Bio Tech et l’Université Rio Grande Sud. « Avec Jérôme Bindelle, nous avons réussi depuis quelques années à établir une collaboration opérationnelle entre nos institutions. Il est venu chez nous, un de nos étudiants est venu ici il y a quelques années, des échanges ont commencé, des échanges scientifiques, culturels, et je suis finalement là. » La force de cet échange est la complémentarité : « Nous avons des compétences complémentaires entre nous et des objectifs très similaires, donc nous augmentons beaucoup notre force de travail car nos sujets sont importants ici et au Brésil. »
Les sujets en question portent sur les services écosystémiques, c’est-à-dire ce dont les êtres humains peuvent bénéficier des écosystèmes qu’ils créent, ou dans lesquels ils vivent. On peut penser à la laine, au lait ou à la viande produits par les animaux. « Mais il y en a d’autres qui sont moins facile à voir, par exemple le stockage de carbone réalisé par la prairie lorsque le management est bien fait. Suivant la manière dont on gère le pâturage, on peut favoriser l’expression de ces services ou dégrader l’environnement. D’où l’importance d’avoir de bonnes connaissances des interactions entre la plante et l’animal pour bien gérer la production de ces services. »
